jeudi 18 octobre 2012

ATTENTION ! ATTAQUE À SEINS "ARMÉS" DES FEMEN !


Bien des gens, surtout les jeunes, rêvent de changer le monde.  Un monde inégal et injuste qui profite trop à certaines personnes, et pas assez à d'autres.  Dans la catégorie des laissés pour compte, il y a les femmes, qui forment plus de la moitié de l'humanité.  Même dans les quelques pays où on les estime libérées et égales aux hommes, il y a encore fort à faire pour qu'elles le soient réellement.  Un peu partout sur la planète, les traditions, les habitudes, les religions, l'injustice, la violence et les dictatures les briment dans leurs droits et libertés.  Changer les rapports de force et l'ordre des choses n'est pas facile.  Ça prend du temps.  Les forces de changement se retrouvent souvent à l'intérieur de groupes de pression, aussi appelés groupes d'influence ou groupes d'intérêt.  Ces associations de militants, sont formées d'individus plus instruits que la moyenne ou motivés par une idéologie qui les incite à passer à l'action.  L'éducation, les voyages à l'étranger, les échanges d'idées facilités par les moyens modernes de communication et le phénomène des réseaux sociaux amènent ces êtres conscientisés à mieux voir l'état de choses, et à vouloir le changer.  



Mais pour ces groupes de revendications, comment propager son message pour qu'il ne passe pas inaperçu ou se bute à l'ordre établi ?  Comment accélérer le processus de changement ?  C'est justement parce qu'elles n'étaient pas suffisamment entendues que les femmes de l'organisation féministe des FEMEN ont décidé de recourir à des moyens radicaux ou extrémistes pour attirer l'attention de la population et dénoncer ce qui, à leur point de vue, constitue des injustices ou des scandales.  Né à Kiev (Ukraine) en 2008, le mouvement des FEMEN a d'abord voulu changer la mentalité des femmes de leur pays qu'elles jugent dépendantes des hommes ou trop soumises.  Ces universitaires alors âgées entre 18 et 20 ans ont attiré des sympathisants à leur cause, mais elles se sont rapidement heurtées à un mur d'indifférence avec leurs banderoles et leurs manifestations provoquant peu d'impact.  Peut-être inspirées par le groupe PETA qui milite contre les mauvais traitements infligés aux animaux, une vingtaine de FEMEN ont décidé de faire comme certaines femmes de cette association et de manifester en sous-vêtements, puis seins nus, l'année suivante (2009).  Elles se sont attaquées à des problèmes comme le tourisme sexuel, la prostitution, le droit non respecté à l'avortement, la justice trop clémente pour les violeurs de femmes, la discrimination de la femme dans l'Église catholique, et la condition déplorable des femmes dans les régimes islamistes.




Allant jusqu'à couper de grandes croix, érigées sur des places publiques, pour promouvoir leurs causes, les FEMEN se sont attirées les foudres d'une grande partie de la population ukrainienne et du peuple russe condamnant leur radicalisme et demandant aux autorités politiques d'abolir leur mouvement.  À partir de 2010, les FEMEN sont de plus en plus malmenées par les forces policières.  Celles-ci les suivent de près et commencent à les intimider de plus en plus.  Jusqu'à cet incident effrayant, le 21 décembre 2011, à Minsk (Biélorussie) au cours duquel trois membres du groupe sont arrêtées par une quinzaine d'hommes.  On leur fait subir un interrogatoire éprouvant, on les insulte, on les menace et on les frappe.  Puis on les amène dans la forêt, à l'abri des regards, on leur coupe les cheveux et on procède à un simulacre d'exécution.  On décide finalement de les épargner et de les abandonner sur place.  Elles réussissent à se rendre dans un petit village près de la frontière ukrainienne, où elles alertent la presse sur ce qui vient de se passer.  Les médias sont d'ailleurs des alliés précieux pour les FEMEN.  Les photographes accourent en grand nombre lors des manifestions des filles aux seins nus, bien plus par sensationnalisme et voyeurisme que pour écouter leurs revendications.  Mais au final, les militantes sont convaincues, ou du moins espèrent, que les gens iront au-delà du "spectacle" de leur nudité partielle pour réfléchir au sujet de ce qu'elles dénoncent.


Menacées d'emprisonnement et de plus en plus persécutées en Europe de l'Est, les plus extrémistes des FEMEN se sont réfugiées l'été dernier à Paris, où elles ont fondé un camp d'entraînement pour la formation de leurs membres.  Elles financent leurs activités en vendant des tee-shirts, en donnant des conférences ou en recueillant l'argent de petits donateurs.  Elles veulent former des jeunes femmes à devenir des "soldats" pour la cause féministe à travers le monde.  Des soldats dont la seule arme est leur poitrine nue.  Les FEMEN ont du pain sur la planche et bien des obstacles à franchir pour réussir leur mission révolutionnaire !  L'opinion publique n'est généralement pas en faveur de leur radicalisme et bien des gens estiment qu'en se dénudant elles risquent de passer pour des femmes objets, une tare contre laquelle elles luttent, pourtant...  Voici un petit montage montrant les FEMEN à l'oeuvre...

        

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